dimanche 28 octobre 2012

TABO


A l'automne on y ramasse les pommes;
Sous les tons jaunes des arbres qui perdent leurs feuilles, les moines sont à l'aumône. 




Vallee du Spiti - Vue du bus
Fraîchement descendus du bus, alors qu'on marche vers le monastère où on dormira, Louis s'approche d'un homme qui fait son jardin : pas de doute c'est Sherap dont il m'a parlé à plusieurs reprises comme personnage clés de l'association Montagne du Bonheur.

Voir le film réalisé par Louis et Benoit il y a 4 ans





Ravi de revoir Louis, Sherap nous propose de dormir dans une des chambres qu'il a récemment construit. Si on avait pu arriver jusqu'ici plus tôt, on aurait été malade mais on l'aurait eu notre petit papa qui s'occupe de nous et nous concocte un breuvage magique au chaud.





Tabo est agréable et beau : des habitants accueillants, le Spiti glacial qui coule au coeur de la vallée, des vergers regorgeant de pommes rouges et d'arbres aux feuilles jaunes, un superbe monastère ancien dont un jeune moine ouvre chaque matin les portes de 9 pièces révélant ainsi des statues de bouddhas et représentations anciennes finement peintes. A ne pas louper.




Grottes de meditation
Au dessus de cette palette de couleurs, le versant Est de la montagne ressemble à du gruyère de roche : il est parsemée de grottes de méditation qui accueillent les moines, notamment pour la traditionnelle retraite de 3 ans, 3 mois et 3 jours. On est loin des 10 jours de méditation Vipassana. Certaines grottes anciennes montrent que le moine s'est emmuré, fermant l'entrée avec des pierres.





Grotte de meditation a porte
D'autres grottes moins archaiques et claustrophobiques disposent de portes en bois. Les plus récentes sont de véritables maisonnettes.
Grimper jusqu'aux grottes, même sans l'intention de méditer offre un panorama magnifique sur Tabo. Vu d'ici, on se sent méditatif et on se ferait presque moine !






Maison de meditation













À toute heure de la journée, même le soir a la lumiere d'une lampe electrique, il fait bon aller manger des momos au restaurant du monastère qui s'appelle "Millenium Monastery" ! On trouve meme ici des croissants au chocolat dans une petite boulangerie "German".

Stoupa - Tabo









Pour info, les stoupas sont des monuments "reliquaires" abritant des reliques du Bouddha, de grands maîtres ou des objets sacres. D'une façon générale le stoupa représente l'esprit du Bouddha. 
Ancien monastère - Tabo




On rencontre quelques couples qui voyagent en 4x4. Ils nous admirent de voyager en bus local... Et pourtant quel plaisir de partager son siège avec les habitants de la vallée, les moines et les colis en tous genres. Et en plus, c'est très économique.




Et justement, le temps est revenu, après 3 jours de prendre a nouveau le bus, cette fois-ci vers Shiling afin de rejoindre le village de Dankar. Bon, en fait, le bus n'arrive pas et un pickup nous a emmené su cette belle route qui mène a Shiling. 


Quelques images de Tabo

Ancienne et nouveau stoupa sous la lune


Tabo
Maison de Tabo
Culture entre Bouddha et Mac Do
Lunettes de soleil en étiquette de bouteille d'eau
A la cantine du monastère
Lessive au soleil
Au bord du Spiti
Au bord du Spiti



jeudi 25 octobre 2012

VALLÉE DU SPITI






"Poussière d'argent, robe pourpre et statue d'or
Entends-tu la voix du silence que fredonne l'eau, le vent, la roche et la flore
Dure est la route qui mène en ces hauteurs mais doux est le battement de son cœur
Réflexion solaire..., minérale et astrale en sont les lumières." L.F

Assis à l'arrière du bus comme sur un trampoline sans ressort (place à systématiquement éviter meme si on vous les propose avec un grand sourire !), le paysage défile, véritable kaléidoscope, d'abord des cascades qu'on devine dans l'ambiance nocturne, puis un lever de soleil sur les montagnes. 







Village de Marie
Viennent ensuite le village de Marie où Louis a passé 15 jours en 2008 avec des étudiants tibétains en exil, le col du Rothlang puis la descente vers un autre univers, un désert de rocaille et de nature aride, des ravins, des formations rocheuses étonnantes, et des ponts suspendus...avec en fond de vallée, la rivière "Spiti" qui dessine un serpentin bleu turquoise. 
Temple Village de Marie
Vue sur Marie

Ce ruban assorti au bleu du cielvient trancher la palette ocre-gris qui compose le paysage. Il fait également naître des oasis de verdure et même des vergers chargés de pommes.  

Le bus est rempli de moines qui égrènent leur mala (chapelet d'au moins 108 perles souvent en os ou corne de yacks, en turquoise, en bois ou même en plastique).
D'autres ronflent et semblent fredonner le fameux "OM MANI PADME HUM" jusque dans l'endormissement (Plus de detail sur ce mantra de la grande compassion). 

Le bus devrait arriver a bon port ! Deux d'entre eux ont succombé à la tentation et porte des articles de marque en plus de leur robe pourpre : un bonnet "Nice" et un sac "Abidas". De drôles de copies de Nike et Adidas !

Stupa - Col de Kunsung
Puis se dessine le col de Kusung et la première stoupa à 4500 m d'altitude autour de laquelle le bus tourne et s'arrête. Tout le monde descend pour se recueillir et faire des offrandes. 
Bus au col de Kunsung





La beauté du lieu vous saisi ainsi que le froid qui vous fouette le visage et l'altitude qui semble installer votre tête dans un étau. Passage obligé vers les villages installés sur le toit du monde.






Quand on redescend, ça va mieux, le sang semble circuler à nouveau dans le corps mais ce n'est que pour être glacé quand le regard se porte sur le profond gouffre à côté duquel le bus progresse. J'ose a peine prendre des photos de peur que cela déséquilibre le bus et qu'il ne bascule dans le vide ! Le bus ne roule pas, il semble ramper sur un passage glissant et cahoteux qu'on n'oserait emprunter à pied. Imaginez un bus qui circulerait jusqu'au sommet du mont Blanc !
Et tout à coup, une fois entre dans la Spiti Valley, un poudroiement de lumière argentée semble emplir le bus, poussière et cristaux de roche qui brillent comme des diamants.

Et nous voilà à Kasa, centre administratif de la vallée. On se sent un peu groggy mais qui ne le serait pas après 12h de bus à 3500m d'altitude ?


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Vue de Kasa
Kasa, petit ville administrative où les habitants de la vallée viennent se ravitailler et les trekkers obtenir des permis, est pour nous la ville "de la couette" car on ne s'est pas relève du trajet en bus : cloués au lit pendant 3 jours avec fièvre, toux, et mal...à chaque petite partie du corps, lequel semble s'insurger contre la dureté du lit et le froid. 

Quand je dis "couette", n'allez évidemment pas imaginer une couette moelleuse et légère bien de chez nous, non, plutôt lourde et épaisse, bref un matelas qui s'ignore. Si bien qu'au final, on s'en est servi comme matelas ! Le petit restaurant népalais voisin nous concocte des demie-assiettes car on a peu d'appétit. 


Finalement, notre petite chambre pas chère du Bodh Guesthouse s'avère être une chouette chambre, ensoleillée l'apres-midi pour nous réchauffer et avec fenêtres sur la vie locale : migration des vaches et yacks le matin et le soir qui s'installent pour la journée au seuil de notre porte, aménagement des toits avec des branches et du foin, rangement du bois coupe, tricotage de chaussettes sur les seuils des maisons ensoleillés, lavage du linge et remplissage de seau d'eau à la pompe. Ici on se prépare à un hivers rude. 


Bref, on ressemble à deux vieux du village qui regardent la vie se dérouler sous leurs yeux et la lumière glisser sur la montagne au fil du jour jusqu'au coucher du soleil. Et on se dit "demain ça ira mieux !"

Les habitants de Kasa sont discrets voire distants. On a peu de contacts sauf avec quelques vieilles femmes ridées auxquelles je me retiens de demander "Mamie de Kasa, occupe toi de nous, fais nous un breuvage magique au coin du feu".

Coucher de soleil
Vie a Kasa (notre fenetre au milieu)


On voyage léger car on a laissé à Manali nos sacs à dos pour emmener seulement l'essentiel. Quel bonheur de voyager avec une simple besace. 
On est impatient de continuer a tracer le chemin, de découvrir les trésors que nous réserve la région et de vous les faire découvrir. Louis en sait quelque chose...



Enfin au bout de 3 jours de lit, de paracetamol et d'accoutumance à l'altitude, on se sent près pour affronter deux petites heures de bus jusqu'au village de Tabo.



Nouveau monastere - Kasa
Nouveau monastere - Kasa
Stupa - Kasa

vendredi 19 octobre 2012

MANALI

"Les nuages s'amoncellent devant les hautes montagnes celestes." L.F

Un pas supplementaire, le dernier avant de rejoindre la Spiti Valley : Manali, petit ville d'environ 5000 habitants culminant a 2000m d'altitude qu'on atteint apres a nouveau 12 heures de bus.

Par hasard, en deambulant dans la rue principale de Manali, je croise le regards d'un homme, un bonnet enfonce sur la tete... et la, meme configuration qu'au temple de Galta a Jaipour, apres une seconde d'hesitation, je reconnais Rinku a qui j'avais remis le petit cadeau pour Mani !
Il y a plus d'un milliard d'habitants en Inde et 600 km separent Manali de Jaipur, et je tombe sur Rinku dans la rue ! Il me confirme qu'il a remis a Mani le collier de perles en bois et l'argent. Peut-etre qu'il a ete mis sur mon chemin pour m'apporter cette info ?!

C'est vrai que de nombreux indiens viennent ici voir le Rothlang Pass, le col voisin pour y faire du cheval, du parapente, des ballades, du quad et surtout avoir le plaisir de porter gants, bonnets et incroyables manteaux en fausses fourrures. Malheureusement cela en fait aussi un endroit assez sale par manque de traitement des dechets laisses par les touristes de passage : sachets de chips et autres souvenirs de grignotage et de pique-nique jonchent le sol au milieu de ce magnifique panorama.

Manali est niche au coeur des montagnes, presque englouti ar celles-ci ! Une ambiance "station de montagne' regne ici avec son lot de boutiques de lainages en yack, lapin angora ou paschmina, ses restaurants style "fetes foraines" sur l'allee centrale. On sent qu'on vient ici pour s'amuser. Mais la vie suit son court aussi dans les ruelles environnantes avec ses marches, boutiques de quartier et le quartier tibetain avec bien entendu ses momos qui nous rechauffent,...

C'est en salivant a l'avance qu'on mange un poulet tandori, choisi parmi ceux literallement "affiches" en facade de gargotte, semblant figes en plein vol.

A proximite de Manali, deux villages : le Old Manali, paradis des occidentaux babacool et Vashisht plus authentique. Manali est célèbre pour la qualité de son charras (haschich) et en tous les cas, des plants poussent a tout va et emplissent l'air d'une jolie odeur de chanvre. On se demande bien si les vaches qui machouillent toute la journee se sentent cool ?
Les hauteurs de ces deux villges permettent aussi de decouvrir les maisons traditionnelles avec un etage en bois reposant sur un RDC plus etroit et colore.


Nous avons prefere rester dans Manali Central pour son ambiance. Direction un hotel ou Louis a sejourne il y 4 ans... souvenirs souvenirs !




A vrai dire, malgre les proteines du poulet tandori, on se traine ! La faute au froid ? aux longs trajets en bus ? Je commence a me dire que le "mal-partout-a-cause-des-10-jours-de-meditation" n'est plus valable.

On va chez le medecin....erreur de trajet sans doute : nous voila avec un thermometre dans le bec et l'impression d'etre plutot chez le banquier que le medecin qui ne nous osculte meme pas.
On repart avec une collection de medocs de toutes les couleurs, meme traitement pour nous deux pour une petite fortune : antibios, anti-inflammatoires, paracetamol, et une crotte de biquette marron a faire passer avec du sirop. On apprecie particulierement le gout avec lequel le medecin a decline nos pillules : bleues pour Louis et rose pour moi.Quel sera l'effet de ce bazouka ?? On aurait peut-etre mieux fait de se rouler dans les champs de cannabis qui fleurissent ?
Quel sera l'effet associe au 12 heures de bus ur une route cahoteuse et sinueuse qui nous attendent pour rejoindre a 5h du matin pour rejoindre la Vallee du Spiti ?


L'hotel